Pasteur, Yersin, sauveurs de millions de vies

Pasteur, Yersin, sauveurs de millions de vies

Raoul Cruchon chroniqueur Journal de Morges, août 2015, © Damian Malloth

Louis Pasteur a failli finir sur le bûcher des inquisiteurs de la docte Académie française des sciences pour avoir osé affirmer qu’il existe des organismes vivants, si petits qu’ils ne s’observent pas avec les yeux. Ce satané COVID nous donne l’occasion de saisir à nouveau le génie exceptionnel de ce grandissime personnage.

Au mitant du 19e siècle, dans sa maison à Arbois, le Dr Pasteur mène une vie de chercheur isolé. Un jour, il est sollicité par des amis vignerons qui s’inquiètent de voir leur vin en bouteille se détériorer bizarrement après quelques mois de conservation. Pasteur fait alors une expérience qui aura des répercussions universelles sur l’ensemble du vivant. Intuitivement il va mettre une partie des vins dans un bain marie en variant les températures. Il constate alors que les bouteilles soumises à une température de 80 °C ne se détériorent plus. La pasteurisation est née! Elle ouvre des perspectives incroyables sur la nutrition.

Mais pas seulement! Partant de ce constat, il fait la découverte du monde invisible, celui des levures, des bactéries et in fine, des virus. Des avancées considérables sont faites en chimie, en biologie, dans l’agriculture, dans l’œnologie et dans de nombreuses autres disciplines, notamment la médecine qui est totalement et définitivement bouleversée. C’est aussi la naissance de l’hygiène, les salles de bains n’existent pas encore. Paradoxalement Pasteur développe une méfiance légitime envers l’eau, par quoi sont transmises tant de calamités. Bien conscient de cela, il affirme que «le vin reste la plus saine et la plus hygiénique des boissons».

Puis, poussant encore plus loin son génie, il cherche une solution pour nous guérir de ces fléaux que sont les maladies notamment virales. Il pense à stimuler notre immunité en inoculant une petite dose de la maladie elle-même. Il invente ainsi le principe du vaccin et met au point le premier de l’Histoire, celui contre la rage. Il fonde l’Institut Pasteur qui, depuis, multiplie les recherches et les découvertes pour nous protéger de toutes sortes de maladies.

Alexandre Yersin nait à Aubonne, fait son enfance et sa scolarité à Morges. Après des études de médecine, il rejoint «la bande à Pasteur» à Paris et voyage beaucoup comme médecin dans une compagnie maritime. Il pose un jour ses valises quelque part au Vietnam où des centaines de milliers d’indigènes meurent d’une maladie alors inconnue. Reprenant les principes du grand Louis, il découvre le bacile de la Peste, il met au point un sérum et sauve, lui aussi, des millions de vies. Citoyen d’honneur du Vietnam, il reste un dieu là-bas, tandis qu’une modeste rue porte son nom à Morges.

En 2021 nous n’avons jamais autant parlé de virus et de vaccins. Le monde entier devrait à nouveau s’incliner, reconnaissant, devant le génie de ces personnalités qui ont totalement révolutionné la médecine et les sciences modernes et dont les découvertes permettent de sauver aujourd’hui encore tant de vies humaines.

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