Bienvenue à Morges-les-Bains

Bienvenue à  Morges-les-Bains

« Toute la ville en parle! Et il ne viendrait à l’idée de personne de contester la nécessité de doter nos concitoyens, nos enfants et nos hôtes, d’installations balnéaires dont nous n’ayons pas à rougir. » Ô non, vous ne venez pas de lire ces lignes dans la presse régionale; elles ont été publiées dans le journal que vous tenez entre les mains en avril… 1954.

Voilà bientôt deux siècles que les Morgiens rêvent d’un accès au lac; la Société des Bains voit le jour à cet effet en 1869, installant près du Vieux Port, en face du Château, un abri provisoire et un ponton éphémère. D’année en année, l’expérience est reconduite, le public paie sans rechigner les dix centimes d’entrée, la Municipalité alloue même 50 francs de subventions annuelles afin de laisser les écoliers nager gratuitement. Pour devenir pérenne, la Société émet en 1892 trois cents actions de 50 francs, de quoi construire un bâtiment en dur et une structure de bois symétrique avec deux ailes distinctes pour les femmes et les hommes.
Seulement voilà, au début des années 1950, les Bains tombent en ruine, la Ville vote timidement un subside de 5000 francs pour les restaurer et lance un concours d’architecte: trop cher!, s’indignent les Conseillers municipaux.

Un membre de la Société des Bains a alors la riche idée d’aller voir ce qui se fait ailleurs, visite les bains urbains du Letzigrund à Zurich; il est conquis et convainc la Municipalité d’aller se faire sa propre opinion sur place: gagné! Un projet abordable est aussitôt mis à l’enquête, validé par le Canton… mais rejeté par une vingtaine de citoyens qui lancent une pétition pour déplacer ces Bains sur la rive droite de la Morges.
La Municipalité passe en force et impose en 1952 un second projet, plus cher, toujours sur l’emplacement initial. C’est la goutte qui fait déborder le lac, les polémiques se succèdent, les journaux s’en mêlent, tout le monde a son avis. On lit dans le rapport d’exploitation de la commission de gérance des Bains: «Pour calmer les passions, on décida d’attendre, d’observer et de voir venir.»

En vérité, la ville avait déjà opté pour la construction d’une piscine moderne. Les Bains seront démolis en 1964, année de l’inauguration de l’autoroute; les remblais serviront à gagner du terrain sur le lac, et construire, entre autres, une piscine chlorée rectangulaire…

On vient d’apprendre que la ville souhaite à nouveau honorer son lac, réfléchissant à un accès avec une plateforme pour les baigneurs du côté de l’ancien Collège du Bluard, tant mieux! Puissent les Morgiens ne plus être orphelins de leur Léman.

Abonnez-vous au Journal de Morges

Abonnez-vous !

Afin d'avoir accès à l'actualité de votre région au quotidien, souscrivez un abonnement au Journal de Morges. S'abonner, c'est soutenir une presse de qualité et indépendante.