Motion du Mormont renvoyée en commission

Motion du Mormont renvoyée en commission

"Il est temps de tirer la prise (...) et de mettre fin aux extractions du Mormont après 70 ans d'exploitation de la colline", a affirmé un des auteurs de la motion. Photo: Python

Une motion veut protéger la colline du Mormont de toutes nouvelles extensions de la carrière Holcim. Elle vise à renforcer le statut de protection du site par une décision cantonale.

Le texte a été renvoyé mardi en commission par le Grand Conseil vaudois pour établir un rapport qui sera ensuite débattu en plénum. La motion a été signée par une vingtaine de députés, dont une nette majorité issue des Verts.

« Il est temps de tirer la prise (…) et de mettre fin aux extractions du Mormont après 70 ans d’exploitation de la colline », a affirmé le député écologiste Vassilis Venizelos, un des auteurs de cette motion.

Le texte exige de protéger durablement la colline du Mormont de toute nouvelle activité d’extraction ou de transformation des ressources naturelles, de garantir un passage à faune fonctionnel et suffisamment généreux sur le site, quelle que soit la décision du Tribunal Fédéral (TF) sur l’extension du plateau de la Birette.

La motion demande également de planifier les actions à entreprendre pour rétablir un espace naturel de qualité (comblement et/ou reconstitution et/ou plan de renaturation des falaises et/ou toute autre mesure adéquate).

Septième extension en vue

La colline du Mormont est exploitée depuis 1953 pour son calcaire. La carrière alimente une des six cimenteries du pays et couvre environ 20% de la consommation annuelle nationale de ciment.

Son exploitation arrivera à la limite du périmètre d’exploitation autorisé en 2022, ont rappelé les motionnaires. Or le plan directeur des carrières (PDCar), adopté en 2015 par le Grand Conseil, prévoit une extension de plusieurs hectares sur le plateau agricole dit de la Birette.

Le projet prévoit l’extraction d’environ 2,8 millions de m3 de calcaire, qui offriront sept ans de réserves d’exploitation à la cimenterie. Cette extension sera la septième autorisée par le canton depuis le début des activités d’extraction sur le site.

Recours au TF

Le projet de la Birette est inscrit dans un plan d’affectation cantonal (PAC) qui fait actuellement l’objet d’un recours porté par des associations environnementales et des particuliers depuis 2015. En cas de décision positive du TF sur l’acceptation du projet, les prochaines étapes seraient les suivantes: défrichement, fouilles archéologiques, décapage des sols puis exploitation de la roche, souligne la motion.

« Une telle opération réduirait quasiment à néant le passage à faune identifié dans le réseau écologique cantonal. Avec cette extension, l’exploitant pourra par contre poursuivre son activité avec des matériaux locaux jusqu’en 2035 », dénonce le texte.

Le plateau de la Birette a récemment été occupé par des activistes dans ce qui a constitué la première Zone à défendre (ZAD) de Suisse. Après près de six mois d’occupation, les zadistes ont été évacués par la police fin mars.

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