Un bonnet bleu dans la misère

L'éditorial de Cédric Jotterand
Cette semaine, notre rédacteur en chef Cédric Jotterand évoque la mission du journalisme en rendant hommage ceux qui partent sans hésiter de leur cocon helvétique pour Kiev ou les zones de conflits, simplement pour nous informer au mieux.
Je ne crois pas être corporatiste, mais il n’y a pas besoin de l’être pour observer que la profession de journaliste en a pris pour son grade ces derniers mois. Alors que lecteurs et internautes sont de plus en plus «pendus» au fil des nouvelles, les médias sont devenus d’un coup d’un seul une catégorie à abattre.
Accusé d’avoir semé la terreur pendant la pandémie, d’être asservi aux ordres du pouvoir (en fait, c’est lequel en Suisse?) et au passage de quémander sans vergogne l’aide étatique, le plumitif souffre de son image.
Il n’y a pas de fumée sans feu et les rédactions n’ont sans doute pas toujours pris les bonnes décisions ni su trouver le ton dans une période tout de même inédite propice à la critique.
Dans cette grande confusion où chacun se retrouve recalé dans le même panier, qu’il gère son propre blog ou une équipe aguerrie, il ne m’appartient pas de prêcher pour ma paroisse, ce qui n’empêche pas de garder la flamme.
Les envoyés spéciaux de la RTS remplissent leur mission, bien loin des clichés faciles et souvent gratuits adressés à ceux qui tiennent stylos et micros.
Ainsi, sauf si vous n’avez pas allumé la TV ces derniers jours, vous n’avez pas pu échapper au téléjournal et aux interventions des envoyés spéciaux de la RTS. Je ne connais pas Anabelle Durand, mais son bonnet bleu au milieu des familles de réfugiés agglutinés dans une gare polonaise m’a marqué.
En l’écoutant raconter leur drame, dans un mélange de grande dignité et d’émotion, de courage aussi, la journaliste a rempli sa mission, bien loin des clichés faciles et souvent gratuits adressés à ceux qui tiennent stylos et micros.
Un exemple à suivre pour tous ceux qui exercent ce fabuleux métier avec nul autre objectif que de vous informer avec honnêteté.
À LIRE ÉGALEMENT

Ruée dans les pharmacies en quête du médicament "miracle"

La folle journée de Raphaël Mahaim

Le Film Vert revient dans un écrin agrandi
Abonnez-vous !
Afin d'avoir accès à l'actualité de votre région au quotidien, souscrivez un abonnement au Journal de Morges. S'abonner, c'est soutenir une presse de qualité et indépendante.