Pas de troisième vague, mais une Task force peu optimiste

Pas de troisième vague, mais une Task force peu optimiste

Photo: KEYSTONE/Alexandra Wey

Malgré l’augmentation du nombre de cas de coronavirus, la Task force de la Confédération ne peut pas affirmer que la Suisse se trouve au début d’une troisième vague. Les spécialistes envisagent néanmoins un doublement du nombre d’infections quotidiennes d’ici quelques semaines.

« La situation est assez défavorable », a constaté Patrick Mathys mardi à Berne lors d’une conférence de presse des experts de la Confédération. Le responsable de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l’Office de la santé publique (OFSP) aurait souhaité que la Suisse reste dans la tendance du mois janvier, durant lequel le nombre de cas quotidiens descendait.

Après une stabilisation en février, les cas augmentent à nouveau en mars. La Suisse en comptait mardi 1438 supplémentaires, tandis que 19 décès supplémentaires étaient à déplorer. Quatre-vingt-cinq personnes ont dû être hospitalisées.

M. Mathys doute que la situation s’améliore prochainement. Il considère plutôt qu’il y a fort à parier que le nombre de cas double d’ici quelques semaines.

Balle dans le camp de la population

Le scientifique n’a toutefois pas indiqué si la Suisse se trouvait au début d’une troisième vague. « La Suisse et l’Allemagne enregistrent une légère augmentation de cas, qui est moins marquée que celles en Italie et en Autriche », a-t-il comparé.

La Task force ne peut pas dire en l’état si la courbe suisse va imiter les courbes italienne et autrichienne. Deux facteurs compliquent la lecture de l’épidémie par les scientifiques: l’apparition des variants, qui augmente la contagiosité, et la vaccination, dont les effets porteront « prochainement ».

Le facteur décisif de ces prochaines semaines sera le comportement de la population suisse pour contenir cette tendance haussière, a insisté M. Mathys.

Pas un climat anti-vaccin

De lundi à dimanche dernier, 149’949 doses de vaccin contre le Covid-19 ont été administrées en Suisse, selon les données publiées mardi sur le site de l’OFSP. Comparé à la semaine précédente, le rythme des injections s’est accéléré de 4%.

Au total, 1’101’753 vaccinations ont été réalisées jusqu’à dimanche. Jusqu’ici, 394’926 personnes ont été vaccinées complètement. Cela signifie que 4,6% de la population a déjà obtenu deux doses de vaccin. La suspension du vaccin d’AstraZeneca par de nombreux pays ne devrait pas créer un climat anti-vaccin, ont jugé les experts. Swissmedic n’a pas autorisé ce produit, considérant les données actuelles insuffisantes.

Patrick Mathys a relevé avec satisfaction l’état de la vaccination pour les personnes les plus âgées, face une possible nouvelle flambée des cas. Un sentiment partagé par Rudolf Hauri, président de l’Association des médecins cantonaux.

Le médecin cantonal de Zoug a cité l’exemple d’un EMS de son canton. Tous les résidents avaient été vaccinés avant que le virus ne se propage dans l’établissement. Ils n’ont subi qu’une forme réduite de la maladie.

L’immunité de la population est toutefois encore loin d’être atteinte. La plus forte contagiosité des variants nécessite une plus grande part de la population protégée. M. Mathys a estimé que ce taux devrait être de 80%. Si cet objectif n’était pas atteint, une des mesures qui pourrait être prise lors d’une hypothétique quatrième vague serait le port du masque de manière prolongée.

Tester 40% de la population mobile

Enfin, l’OFSP est revenu sur sa nouvelle stratégie des tests gratuits à large échelle. Il s’est fixé comme objectif de pouvoir tester chaque semaine 40% de la population mobile, en entreprise, à l’école ou en institution et table sur la disponibilité des auto-tests en pharmacie début avril.

Le canton des Grisons a déjà adopté cette stratégie de tests gratuits et elle fait ses preuves, selon Martin Bühler, chef de l’état-major cantonal grison. Depuis début mars, une majorité des écoles est intégrée dans le processus.

Par exemple, 101 écoles et 17’000 étudiants et enseignants sont testés cette semaine. « Grâce aux tests massifs et préventifs, nous reconnaissons rapidement les cas qui se propagent dans les écoles et les entreprises », a-t-il expliqué.

Les entreprises testent « à tout va », s’est-il réjoui. Déjà 1100 entreprises, comprenant 42’000 collaborateurs, ont été enregistrées. Avec ces tests massifs, sur 65’000 échantillons, 131 cas positifs asymptomatiques ont été trouvés.

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