Le canton veut renforcer la ligne Lausanne-Genève, et vite

Le canton veut renforcer la ligne Lausanne-Genève, et vite

Le trou de Tolochenaz a laissé des traces. Photo: keystone

Le trou de Tolochenaz a laissé des traces. Considérant que l’Arc lémanique a été défavorisé par rapport à d’autres régions du pays, le Grand Conseil vaudois a voté mardi une résolution pour réclamer à Berne le financement d’un renforcement de la ligne ferroviaire entre Lausanne et Genève.

Le Parlement cantonal a fait bloc derrière le texte de la députée Florence Bettschart-Narbel (PLR). La résolution charge le Conseil d’Etat de demander à la Confédération « d’inscrire dans sa planification ferroviaire à l’horizon 2035, la construction d’un tracé alternatif à la ligne historique, en surface ou en sous-sol, pour garantir la redondance de l’axe ferroviaire entre Lausanne et Genève ».

L’affaissement de terrain qui s’est produit à Tolochenaz le 9 novembre dernier, provoquant de fortes perturbations, montre la « fragilité » de cette ligne pourtant « capitale », a estimé la Verte Rebecca Joly. Comme les autres députés, elle a souligné que ces dernières années, le réseau ferroviaire romand avait souffert d’un « manque d’investissements ».

Avancer l’argent? Impossible

« L’Arc lémanique et la Suisse romande ont été laissés pour compte si on les compare à d’autres régions comme la métropole zurichoise, bien servie depuis de nombreuses années », a lancé Jean Tschopp (PS). « Une nouvelle ligne est nécessaire le plus vite possible. »

Jugeant le développement du rail indispensable pour lutter contre les émissions de CO2, Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche-POP) a demandé à la conseillère d’Etat Nuria Gorrite si le canton ne pouvait pas avancer les milliards de francs nécessaires. « La priorité n’est-elle pas telle qu’il faudrait aller de l’avant sans attendre une décision de la Confédération? »

Impossible, a répondu la cheffe du Département des infrastructures. Le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) exclut toute possibilité de préfinancement, a-t-elle expliqué, afin de ne pas privilégier les cantons les plus riches. Tout argent déboursé l’est par conséquent à fonds perdu.

La ministre, qui avait elle-même appelé à la création d’une deuxième ligne à deux voies entre Lausanne et Genève au lendemain de l’incident de Tolochenaz, a salué la résolution. « Battre le fer pendant qu’il est chaud est toujours une bonne idée! » Mais il faudra fédérer tous les cantons romands pour gagner la « bagarre » pour les financements, a-t-elle prévenu.

Concurrents alémaniques

« Le FIF permet des investissements de 1 milliard de francs par an pour l’ensemble des besoins de la Suisse », a chiffré Nuria Gorrite. « Or les régions de Suisse alémanique se fédèrent très bien. Certains projets concurrentiels sont en avance sur les nôtres, comme la gare souterraine de Lucerne ou le projet Herzstück de Bâle. »

Jouer « Suisse romande contre Suisse alémanique » n’est peut-être pas la meilleure idée, a réagi Marc-Olivier Buffat (PLR). « Je ne suis pas certain qu’on en sorte gagnants. » Il a rappelé que d’autres projets étaient à l’étude pour désengorger le réseau ferroviaire, à l’image du Cargo sous terrain (CST). « Il faut aller dans la complémentarité et suivre plusieurs voies. C’est ainsi que l’on trouvera des solutions rapides. »

Rapide, la construction d’une nouvelle ligne entre Lausanne et Genève ne le sera de toute façon pas, a confirmé Alexandre Rydlo (PS), ingénieur aux CFF. « Nous ne sommes pas en Chine. Cela ne se fera pas en deux ou trois ans. Mais le plus tôt on commencera, le mieux ce sera. »

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