L’expérience forestière se poursuit

L’expérience forestière se poursuit

Yann Vitass et Barbara Moser (tout à gauche), Marc-André Silva (3e depuis la droite) et l’équipe qui a œuvré aux plantations. Photo: Rempe

Une vaste parcelle de la forêt de la commune a été rasée et les premières plantations d’arbres se sont déroulées cette semaine.

Les promeneurs habitués du Bois de Saint-Pierre ont fini par s’y accoutumer, mais lorsque l’on arrive sur les lieux, il faut admettre que la parcelle déboisée impressionne. Pratiquement un hectare de surface plane qui attend impatiemment de pouvoir offrir sa contribution à la recherche. «Nous avons commencé à planter les premières espèces cette semaine, explique Barbara Moser, cheffe du projet et collaboratrice de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Au total, ce sont 2700 arbres qui ont été plantés entre lundi et jeudi.»
Dans les différentes «placettes» (ndlr: des carrés de plantation délimités), on trouve diverses espèces de provenances variables, que l’on repère grâce aux étiquettes de couleur. «Là nous avons du sapin blanc des Pyrénées, de Croatie, de Zurich et de Schaffhouse, lance Yann Vitasse, chercheur au WSL en indiquant un espace au sol. Ici c’est du chêne sessile du Tessin, du bassin parisien, de Fribourg et de Soleure.»

Le but de ces plantations? Découvrir et analyser comment ces différentes provenances et espèces peuvent s’adapter au climat de demain, qui ne sera, dans quelques décennies, plus propice aux actuels épicéas, sapins et autres hêtres dans nos forêts. «En 2100, il fera 3-4 degrés de plus à cette altitude et les espèces actuelles auront de plus en plus de mal à prospérer, il est donc important de savoir ce qu’il faut planter pour assurer la pérennité de nos espaces boisés», détaille Marcé-André Silva, inspecteur des forêts à la Direction générale de l’environnement (DGE).

Pour l’avenir

En plus des carrés de plantation, des serres ont aussi été installées afin d’observer la réaction des arbres face à un climat plus chaud et plus sec comme le prédisent les modèles climatiques. «Comme les étés sont de plus en plus chauds et secs, nous essayons d’accentuer ce phénomène aujourd’hui afin de mieux prédire quelles espèces et provenances seront les plus à même de résister, développe Yann Vitasse.

Cette étude montrera ses premiers résultats ces prochaines années, mais le Bois de Saint-Pierre n’a pas encore fini de déployer sa zone d’expérience. «Nous avons déboisé la moitié du terrain total nécessaire à ces recherches nationales, précise Marc-André Silva. La seconde partie se déroulera au printemps 2022. On plantera alors 18 espèces, 14 indigènes et 4 exotiques que l’on observera sur un temps beaucoup plus long, entre 30 et 50 ans.»

Une expérience qui devrait aider à prévoir l’avenir d’un milieu essentiel tant pour l’humain que pour la biodiversité. Un étang a d’ailleurs été créé dans ce sens. «C’est tout un écosystème qui va évoluer ces prochaines années, souligne Yann Vitasse. Cette zone expérimentale va nous permettre d’essayer d’anticiper ces changements.»

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