Encore un, mais lequel?

Encore un,  mais lequel?

Noël menace. Oui, mais est-ce qu’on est sûr qu’on va pouvoir le fêter? et avec qui? et où? et comment? à distance? avec le masque? par Skype ou Zoom? et quand? à Pâques?

Que d’agitation et de questions, qui se concentrent finalement en cet étonnant résumé (entendu l’autre soir au Téléjournal dans la bouche de la présentatrice et intervieweuse): est-ce qu’on pourra sauver Noël, Monsieur le Conseiller fédéral, Monsieur le président de la République, Madame la cheffe du Département de la santé, Monsieur le grand-prêtre des infectiologues et des épidémiologistes, Monsieur le prince du lavage des mains, Monsieur le PDG des Pharmas, Monsieur le grand-sachem des vaccins. Dites-nous (autrefois on s’adressait plutôt à quelques Saints du calendrier), est-ce qu’on pourra sauver Noël?

Sauver Noël! Voilà qui est pour le moins un paradoxe, et même un oxymore, puis que Noël a été inventé pour qu’on entende à nouveau chaque 25 décembre l’immense proclamation de l’ange: «Je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tous le sujet d’une grande joie: aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ, le Seigneur.»
Sauver Noël…alors que, pour simplifier à l’extrême, c’est plutôt Noël qui sauve. Serait-ce vraiment pour ce salut-sauvetage-sauvegarde que, ces jours, Noël est dans toutes les bouches, sur toutes les réclames, dans toutes les questions et au cœur de toutes les attentes? Parce que tout le monde piétinerait en se réjouissant de se précipiter le 24 au culte de longue veille ou à la messe de minuit?

Allons donc! Si on vous dit «Noël», là, comme ça, quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit? famille? cadeau? fête? repas? tradition? vacances? ski? voyage? réveillon? Dans les sondages, la naissance de Jésus n’arrive qu’en dixième position…
Et, cette fois encore, vont se révéler nos priorités. Du Noël de référence: «Dieu s’est fait homme», nous sommes depuis longtemps fatigués, nous croyons en avoir épuisé le sens. Alors franchement, faut-il vraiment célébrer encore Noël cette année, chaque année?

Parce qu’à 50 ans, ça fait 50 fois, à 80, 80 fois. C’est beaucoup, d’autant que nous aimons davantage ce qui est nouveau que ce qui est vrai. Mais attention, quand il s’agit de la Vie, on n’a jamais fini de comprendre, non? Et à chaque Noël, on comprend autre chose, ou les mêmes choses autrement, parce que cette fois, on est très âgé, ou malade, ou qu’on vient d’avoir un enfant. Ce n’est jamais le même Noël. À chaque fois se dévoile un autre pan de l’immense Vérité.

Ce Noël qui vient, personne ne l’a encore jamais eu et personne ne l’aura jamais plus. Tant répété, Noël est pourtant à chaque fois unique. Et il ne tient qu’à nous, peu importe où et comment, d’en faire aussi, encore, un vrai Noël.

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