Vaud: reprise de la croissance démographique

Vaud: reprise de la croissance démographique

La canton de Vaud renoue avec la croissance démographique. Photo d'archive JDM

Après trois années de croissance modérée, la démographie vaudoise a repris de la vigueur avec une augmentation de 9200 personnes, soit une hausse de 1,1%. Le canton compte 815’300 habitants en fin d’année.

La population vaudoise s’élève à 815’300 personnes à fin 2020, avec une croissance annuelle de +9212 personnes ou +1,1%. Ainsi, bien que l’année ait été marquée par la crise sanitaire et économique, l’évolution démographique est repartie à la hausse en 2020 après trois années de croissance modérée. La population de nationalité suisse s’élève à 543’822 habitants au 31 décembre 2020 (+4370 ou +0,8%) et la population étrangère à 271’478 habitants (+4842 ou +1,8%). La population étrangère augmente donc davantage que la population suisse.

La croissance démographique est positive dans tous les districts vaudois en 2020. Elle est la plus marquée dans celui de l’Ouest lausannois : la population y augmente de 2,8% (+2155 personnes). La variation est aussi particulièrement forte dans le district de Broye-Vully (+2,0% ou +873 personnes), tandis que les districts de Lausanne (+0,5% ou +872 personnes) et du Jura-Nord vaudois (+0,5% ou +422 personnes) ferment la marche. La ville de Lausanne croît au même rythme que son district (+0,5% ou +704 personnes). Le district de Morges croît à la même vitesse que son voisin de Nyon (+1,1% chacun)

Avec 33% de population de nationalité étrangère en 2020, le canton de Vaud est l’un des plus multiculturels de Suisse. La part des personnes originaires d’un pays de l’Union européenne, de l’AELE et du Royaume-Uni est de 71%. Les communautés étrangères les plus représentées dans le canton sont les communautés portugaise (20% avec 55’357 personnes) et française (20% avec 53’238 personnes). En croissance constante, la communauté française (18,8%) est en train de rattraper la communauté portugaise (21,1%), en recul, et pourrait bien devenir la première communauté du canton dans un avenir proche. Les communautés italienne (11,1%), espagnole (5,7%) et kosovare (3,8%) complètent le classement.

Croissance plus prononcée dans les communes de moins de 3000 habitants

Plus de la moitié des 309 communes vaudoises comptent moins de 1000 habitants, soit 172 communes regroupant 10% de la population. Celles de plus de 10000 habitants sont quant à elles au nombre de quinze, regroupant 46% de la population. La croissance de population n’a pas été identique dans toutes les catégories de communes. Les grandes communes (plus de 10000 habitants) sont celles qui croissent le moins en 2019 (+0,3%), ce qui n’est pas étonnant puisque c’est généralement dans les villes que la pénurie de logements se fait le plus sentir.

La catégorie qui augmente le plus est celle des communes de 1000 à 3000 habitants (+1,4% en moyenne), tout comme ces 5 dernières années (+1,6% en moyenne par année). Ces communes sont majoritairement des communes de couronne d’agglomération où la progression démographique est plutôt marquée. La population des communes de moins de 1000 habitants, qui avait aussi beaucoup crû ces cinq dernières années, ralentit (+1,1% contre +1,6% en moyenne ces cinq dernières années). Cette catégorie compte à la fois des communes de couronne d’agglomération et des communes multi-orientées ou rurales, où la croissance est globalement moins marquée en 2019.

Le district à la loupe

Dans le district de Morges et ses désormais 83’533 habitants, c’est Orny qui enregistre la plus forte progression (+ 13%) avec 48 nouvelles arrivées dans la commune pour un total de 416 citoyens. Suivent Mollens (+8,8%), Chavannes-le-Veyron (+7%), Chigny (+6,7%) et Vaux-sur-Morges (+6,5%).

De l’autre côté, La Chaux (-3,7%) a perdu 15 habitants, Mauraz (-3,4%) 2 citoyens et Bougy-Villars (-3,1%) compte également 15 habitants en moins.

Quand aux grandes communes, la démographie n’a logiquement que peu bougé en 2019, suivant la tendance cantonale. On note ainsi Morges une hausse de 0,9% à Morges, de 1,6% à Saint-Prex, 1% à Aubonne et 0,9% à Echichens. Cossonay connaît la plus forte hausse de ces six plus grandes communes (+4,5%), tandis que Préverenges est la seule à voir une régression, mais minime (-1%).

Boom des naturalisations depuis 2016

Dans la comparaison entre croissance suisse et étrangère, il faut aussi tenir compte des acquisitions de la nationalité suisse, qui font reculer la population étrangère et augmenter la population suisse. Les naturalisations ont été particulièrement nombreuses depuis 2016, dépassant 7000 par année contre une moyenne de 4900 durant les dix années précédentes. Ce bond est notamment lié au changement de la Loi sur la nationalité suisse en 2018 qui a eu un effet incitatif pour les candidats potentiels. Un certain nombre d’entre eux ont anticipé le nouveau droit et ont entamé une procédure avant son entrée en vigueur. En 2019, avec un total de 6166, le nombre d’acquisitions est moins élevé que ces trois dernières années, même s’il reste important dans l’absolu. Sans les naturalisations, la population suisse aurait diminué du fait d’un solde migratoire négatif et d’un solde naturel faible, tandis que la population étrangère aurait augmenté d’autant. Dans le canton de Vaud, où les candidats à la naturalisation sont nombreux, le phénomène se répète depuis le milieu des années nonante: la population suisse augmente uniquement grâce aux naturalisations.

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