Menaçant, il meurt sous les balles d’un agent de la PRM

Menaçant, il meurt sous les balles d’un agent de la PRM

Comme annoncé dans la soirée, la Police cantonale a confirmé l’information du Journal de Morges faisant état d’un drame sur un quai de la gare.

Face à un Suisse de 37 ans décrit comme «perturbé» un agent de Police Région Morges a en effet fait usage de son arme à plusieurs reprises, après les sommations d’usage, blessant mortellement l’individu qui brandissait un couteau devant les forces de l’ordre.

«Une scène irréelle», selon plusieurs témoins, «digne d’une série américaine comme les Experts», raconte cet employé d’une enseigne de la place de la gare qui a vu surgir un déferlement de patrouilles sur le coup de 18h environ? «Il y a eu tout à coup de nombreux policiers et comme des détonations», ajoute cet habitant d’un des immeubles neufs désormais voisins de la gare.

«La centrale d’engagement et de transmissions (CET) de la Police cantonale vaudoise a été avisée de la présence d’un homme annoncé comme agité sur l’un des quais de la gare de Morges», détaille le communiqué officiel. «Deux patrouilles se sont rendues sur place afin d’entrer en contact avec l’individu et de le prendre en charge. D’après les premiers éléments de l’enquête, malgré la sommation d’usage d’un des agents, l’individu aurait exhibé un couteau se montrant menaçant.»

C’est là qu’un agent de Police Région Morges «a fait usage de son arme de service à plusieurs reprises», poursuit le communiqué. «Blessé, l’homme a été immédiatement pris en charge par les policiers qui ont fait appel aux services sanitaires. Les policiers ont commencé un massage cardiaque qui a été poursuivi par les ambulanciers et le médecin du Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR).»

L’homme, un Suisse de 37 ans domicilié dans le canton de Zurich, est décédé sur place des suites de ses blessures.

Un corbillard sur place

Dans la bouche de plusieurs témoins rencontrés sur place dans la soirée, le mot qui revient sans cesse est «impressionnant». « D’un seul coup, le déferlement de patrouilles de polices a été majeur, quelque chose que je n’avais encore jamais vu », explique un employé d’un restaurant du quartier. « Les agents couraient en direction des quais et on a ensuite entendu des détonations, forcément des coups de feu. »

Alors que le procureur de service procédait à des auditions vers 21h, un corbillard a pris place sur la place, ne laissant guère de doute quant à l’issue de ce drame.

Comme dans un film

« Tout est allé très vite, mais en voyant le nombre de voitures de police, les pompiers et les sirènes, j’ai rapidement compris que quelque chose de grave était en train de se passer », explique cet employé d’un établissement récemment installé entre les immeubles voisins des quais, théâtre d’une scène complètement improbable dans cette ville, comme si un film se déroulait sous les yeux des habitants et des usagers du rail.
Ceux-ci ont d’abord vu un homme très agité sur le quai numéro trois, celui qui sépare les convois CFF du BAM, la petite ligne régionale.
Le Procureur de permanence de la Division des affaires spéciales du Ministère public central s’est rendu sur les lieux et a ouvert une instruction pénale afin d’établir les circonstances du décès.
Les intervenants ont été entendus. Les investigations sont confiées au Détachement d’investigations spéciales policières (DISPO), et menées par les inspecteurs de la police de sûreté, avec l’appui des médecins légistes du CURML et des spécialistes de la police scientifique.
Plusieurs patrouilles de la gendarmerie sont également intervenues sur les lieux pour prendre les premières mesures d’une enquête qui devra déterminer – logiquement – si les circonstances et la menace nécessitaient bien d’ouvrir le feu et sur les raisons de la présence du défunt sur ce quai de gare.

Ras-le-bol unanime

Dans une ambiance presque surréaliste mêlant les enquêteurs, des étudiants prenant leur bus du soir ou les habitués de la terrasse observant le tout une bière à la main, plusieurs personnes expriment surtout leur ras-le-bol. « On en peut plus de cette zone, explique une habitante du périmètre. Il y a eu un meurtre au kebab il y a un an, des gens traînent matin et soir et on commence à avoir peur. Surtout, on a l’impression que personne ne fait rien pour remettre un peu d’ordre ici! »
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