Le sprint final vers l’élection lancé

Le sprint final vers l’élection lancé

On saura le dimanche 7 mars quels candidats ont réussi à convaincre les Morgiens. Photo: Bovy

Les onze candidats à la Municipalité morgienne se sont affrontés mardi soir lors du grand débat animé par le Journal de Morges.

C’est la dernière ligne droite pour les onze candidats à la Municipalité. Le sprint final a été lancé mardi avec le débat organisé par le Journal de Morges au Casino. Pandémie oblige, les prétendants aux trônes se sont affrontés sans public. Mais pour ceux qui souhaiteraient revoir les échanges, leur intégralité est disponible en vidéo en bas de la page. Pour les autres, voici un condensé.

Le chantier sportif

Le premier groupe d’orateurs est entré dans le vif du sujet avec une thématique autour des installations sportives, à commencer par le Parc des Sports. Et qui de mieux pour en parler que le responsable actuel de ce dicastère, le socialiste Philippe Deriaz: «La votation populaire a montré le côté émotionnel et l’attachement des Morgiens à ce lieu. On ne peut pas le nier. L’exécutif a d’ores et déjà prévu des assises pour renouer le dialogue. Certains éléments relèvent de la politique sportive et des clubs, d’autres de l’attrait paysager. Notons finalement que des projets comme le réaménagement de la Morges ou une place publique pourront être réalisés assez facilement.»

Seul représentant de l’unique parti à avoir soutenu le référendum contre le Parc des Sports approuvé en septembre par le peuple, l’UDC Jean-Pierre Morisetti veut faire de la renaissance du lieu une priorité: «L’écueil du projet de la Municipalité était le Centre aquatique. Il a été balayé et il faut garder les bons côtés qui avaient été imaginés, comme la possibilité de réaménager les surfaces et les plages, de moderniser le camping ou de dégager les voitures dans un parking souterrain. 95 % du job est fait et il faudra remettre ça sur la table en début de législature.»

Autre serpent de mer: la patinoire, construite il y a une trentaine d’années. «L’infrastructure coûte vraiment très cher (ndlr: 700 000 à 800 000 francs par année sans les amortissements), a commenté David Guarna, candidat de l’Entente Morgienne. En faire une œuvre d’art n’était probablement pas la meilleure des idées. Les habitants veulent une patinoire qui soit pratique et utilisable à des tarifs abordables. Il est certain qu’elle tombe en ruine et il serait dommage d’attendre que tout soit cassé pour entamer des travaux.»

Tous en vert?

Deuxième thème au menu: la transition énergétique qui est sur les lèvres de tous les partis en 2021. «On doit changer de paradigme, a déclaré la candidate socialiste Laure Jaton. Tous les projets devront être réfléchis en tenant compte de l’urgence climatique. Il est facile pour tout le monde de se dire écolo, mais la population n’est pas dupe. Il faut des gestes, des engagements et des projets. La Municipalité en a présenté. Des panneaux solaires seront par exemple posés sur tous les bâtiments publics. Il y a aussi eu des propositions en lien avec la mobilité et on voit que la droite ne nous suit souvent pas. Au parti socialiste, cette thématique est un vrai crédo et pas juste du bla-bla électoral.»

Une affirmation qui a fait réagir le PLR Jean-Jacques Aubert, actuel municipal responsable des infrastructures et de la gestion urbaine: «Les questions environnementales ne sont pas l’apanage des Verts ou des socialistes. C’est une problématique qui concerne tous les habitants. Je suis pragmatique. Le but n’est pas de faire des effets de manche, mais de concrétiser des réalisations qui permettront par exemple de décarboniser la ville. J’ai d’ailleurs déjà soutenu un certain nombre de projets comme l’aquathermie qui vont dans cette direction.»

Les Verts auraient-ils refilé la patate chaude à leurs adversaires? «La différence est que cette problématique est dans notre ADN, tandis qu’au PLR, c’est l’économie et chez les socialistes, la solidarité, a rétorqué la municipale actuelle Sylvie Podio. Quand il s’agit de voter concrètement sur des actes forts au niveau environnemental, nous sommes toujours présents. Une des réflexions à avoir concerne la diminution des automobiles. Ce n’est pas très électoraliste de le dire, mais c’est la réalité et ça implique pour une ville d’agir.»

Le candidat Laurent Pellegrino a quant à lui prétendu que «contrairement à ce qui avait été dit, le PLR était le parti de l’écologie». «Mais de l’écologie concrète, a-t-il précisé. À gauche, c’est toujours des chartes, des discussions et des plans à venir. Aujourd’hui, il faut mettre des choses en place, comme des plateformes multimodales ou peut-être changer le toit de la patinoire pour y poser des panneaux solaires et ainsi réaliser les objectifs.»

Les onze candidats

Mélanie Wyss, PLR Photos: Bovy
Mélanie Wyss, PLR Photos: Bovy
Vincent Jaques, PS
Vincent Jaques, PS
Laetitia Bettex, Vert'libérale
Laetitia Bettex, Vert'libérale
Pascal Gemperli, Vert
Pascal Gemperli, Vert
Laurent Pellegrino, PLR
Laurent Pellegrino, PLR
Sylvie Podio, Verte
Sylvie Podio, Verte
Jean-Jacques Aubert, PLR
Jean-Jacques Aubert, PLR
Laure Jaton, PS
Laure Jaton, PS
David Guarna, Entente Morgienne
David Guarna, Entente Morgienne
Jean-Pierre Morisetti, UDC
Jean-Pierre Morisetti, UDC
Philippe Deriaz, PS
Philippe Deriaz, PS

Quid du trafic?

Si l’environnement sera, on l’a compris, un enjeu central pour les futures autorités, le trafic automobile, lui, est une épine dans le pied de Morges depuis longtemps. Faut-il se rabattre sur le vélo et promouvoir davantage son utilisation? «Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, a répondu le Vert Pascal Gemperli. C’est évident que je suis affirmatif. Mais pour remettre les choses dans le bon ordre, nous n’avons pas de problème de bouchons ni de parking, mais simplement trop de voitures et pas assez d’espace. On ne va pas raser des bâtiments ou construire une troisième voie aux Charpentiers. Il n’y aura pas de miracle et il faut passer sur d’autres modalités comme le vélo ou le bus.»

Urbaniste et ingénieure transports de la commune jusqu’à l’année dernière, la vert’libérale Laetitia Bettex a proposé de se poser davantage la question du «pourquoi faire sauter le bouchon» que du «comment»: «On a des habitants qui souffrent du bruit lié au trafic la nuit et le jour. Un des buts pourrait être de tranquilliser les zones résidentielles. Un autre axe important est de garantir les correspondances des transports publics. C’est essentiel pour les Morgiens, mais aussi pour la population du district. Si les gens peuvent venir à la gare en bus et s’assurer de prendre le train, ils abandonneront leur voiture et libéreront de la capacité routière au profit du troisième objectif qui est d’offrir plus d’espace aux citoyens.»

Fini les travaux

Dernière thématique au programme: les travaux. N’est-on pas allé trop loin? «Nous avons passé cinq années à accompagner beaucoup de chantiers, a reconnu le syndic et membre du PS Vincent Jaques. J’aimerais préciser que ces projets sont des planifications qui ont 15 ou 20 ans et se sont réalisés pendant cette législature. Je souhaiterais aussi relever que j’étais assis ici il y a cinq ans et l’une des thématiques majeures était la demande en logements. Les constructions qui apparaissent répondent aux attentes exprimées depuis très longtemps. Le développement de la ville doit désormais se stabiliser.»

Pour la municipale PLR en fonction Mélanie Wyss, l’enjeu de la prochaine législature sera d’ailleurs l’intégration des nouveaux habitants: «Nous avons plus de cent sociétés locales et elles ont à mon sens un rôle majeur à jouer. Elles permettent de créer du lien et de se rencontrer. C’est une opportunité pour les nouveaux arrivants de faire connaissance avec des habitants qui sont là de longue date. De se mélanger, d’échanger et de maintenir cette convivialité qui est si chère au cœur des Morgiens.»

L'intégralité du débat

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