Le Grand Conseil en faveur d’une meilleure régulation du loup

Le Grand Conseil en faveur d’une meilleure régulation du loup

Photo: Pixabay

Le loup a refait son apparition mardi lors de la séance du Grand Conseil vaudois. Les députés ont voté une résolution demandant au gouvernement de prendre rapidement toutes les mesures pour réguler l’importante présence de loups dans le canton et de garantir aux éleveurs la totalité des dédommagements liés au prédateur.

Déposée par l’élu UDC José Durussel, la résolution, non contraignante, a été acceptée par 67 oui, 58 non et 8 abstentions. C’est la droite du plénum qui a largement soutenu le texte. Le gouvernement a trois mois pour y répondre.

La résolution demande au gouvernement de prendre « expressément » toutes les mesures afin de réguler l’importante présence de loups sur notre territoire et de garantir aux éleveurs la totalité des dédommagements inhérents à ce prédateur, soit la protection des troupeaux, les pertes animales et tous les travaux supplémentaires liés à ce carnivore.

Inquiétudes persistantes

Malgré le feu vert de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour des tirs de régulation du loup annoncé lundi, la meute de loups présente au Marchairuz depuis cinq ans environ a continué de susciter l’inquiétude de plusieurs députés, notamment agriculteurs de métier. « Les éleveurs se sentent abandonnés », a dit le député de Montricher Sylvain Freymond (UDC).

Pour son collègue José Durussel, c’est surtout l’absence de rapidité dans l’intervention de l’État de Vaud qui fait défaut. « Il fallait déjà agir au début juillet. C’est trop tard », a-t-il clamé. Le PLR Philippe Germain a surenchéri, en estimant que l’État était « dépassé par les événements ».

S’agissant des dédommagements aux éleveurs et agriculteurs, le député UDC Yvan Pahud a affirmé que l’argent ne compensait pas tout, à savoir la perte d’un bovin ou d’un mouton. « C’est un manque de respect pour le bétail de parler uniquement d’argent », a-t-il dit.

Les discussions ont d’ailleurs passablement tourné autour de la question de la priorité: d’abord tout faire pour protéger les troupeaux (clôtures, chiens, etc) avant de recourir aux tirs de régulation ou l’inverse.

L’État se défend

De son côté, la conseillère d’État en charge de l’environnement Béatrice Métraux a reconnu une « problématique difficile ». Mais elle a rappelé que l’État indemniserait complètement chaque éleveur ou agriculteur en cas d’attaque avérée du loup sur un troupeau.

Elle a aussi souligné que le monitoring du loup avait été renforcé dans le Jura vaudois, que l’État avait un meilleur suivi de ses déplacements. Elle a également rappelé la mise en place d’un système informatique permettant d’avertir par SMS les éleveurs ou agriculteurs de la présence de la meute ou d’un loup dans une zone particulière.

Plusieurs députés ont aussi souhaité qu’il y ait un suivi après les tirs de régulation. Un suivi même scientifique, a suggéré dans une interpellation Olivier Epars (Vert). Quelles sont les conséquences espérées de ces tirs, quels en seront les effets concrets?, a-t-il demandé en plénum à l’égard du Conseil d’État.

Pour mémoire, les autorités vaudoises avaient déposé leur demande de tir pour deux loups le 3 août après plusieurs attaques sur des troupeaux de bovins dans le Jura vaudois. C’est la première fois que le canton est autorisé à effectuer de tels tirs de régulation.

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