La démocratie sauve le plongeoir

La démocratie sauve le plongeoir

Le plongeoir restera en place et sera toujours utilisable. Photo: VQH

Grâce à l’énorme travail de la commission chargée du dossier, la fameuse construction lacustre sera conservée.

Tout commence il y a de cela presque huit mois lorsqu’en septembre, la Municipalité saint-preyarde dépose un préavis demandant de sécuriser le plongeoir – mythique infrastructure métallique datant de la fin des années 50 – qui n’est plus aux normes. Montant demandé: 1, 2 million. La commission du Conseil nommée se penche sur le sujet et propose d’analyser d’autres alternatives, remettant notamment en cause les normes sur lesquelles s’est basé l’exécutif pour réaliser son préavis. Nous sommes alors en novembre et le vote est repoussé.

Simple mise à jour

Nous arrivons donc à ce mercredi 5 mai, moment pour la commission de rendre ses conclusions définitives. Et autant dire que la donne a bien changé. En effet, après de nombreuses recherches et, entre autres, l’interrogation d’un expert, professeur EPFL, le verdict est sans appel: pas besoin de sécuriser outre mesure ce plongeoir. Et la commission de citer les conclusions de l’expert: «une analyse et évaluation des risques liés à la profondeur d’eau autour du plongeoir de Saint-Prex permet de conclure que la profondeur actuelle de 3m10 pendant la saison de baignade est suffisante. En conséquence, la construction des fosses prévue dans le préavis n’est pas nécessaire».

Dans un rapport de neuf pages, les membres chargés de l’étude détaillent point par point ses vérifications et ses conclusions. Un travail titanesque salué unanimement par l’ensemble des élus présents. En conclusion, la commission propose un budget de 180 000 francs afin d’effectuer des travaux d’entretien sur la structure.

On pouvait dès lors penser que la Municipalité défendrait farouchement son projet d’origine. Il n’en a rien été. Elle aussi a souligné le travail des conseillers. «Merci de nous avoir fait rencontrer ce professeur qui est courageux d’aller contre les normes, a relevé Carine Tinguely, municipale en charge du dossier. On a appris énormément grâce à lui et cela nous permettra peut-être de voir les choses un peu différemment à l’avenir sur d’autres sujets.» L’exécutif se ralliant aux conclusions de la commission proposait juste une différence de budget pour les travaux (220 000 contre les 180 000 de la commission).

Au final, ce bel exemple de démocratie aura permis non seulement à la bourgade de conserver son mythique plongeoir – qui sera fermé en dehors de la période de baignade (ndlr: moment où le lac est à son plus haut niveau) courant de fin mai à fin novembre – en réalisant une jolie économie, mais également de mettre en relief la notion de «normes» qui, à défaut d’être appliquées à la lettre et sans discussion peuvent parfois être débattues et remises en causes.

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