Gilles Rossier, le samaritain de l’économie locale

Gilles Rossier, le samaritain de l’économie locale

Baigné dans le milieu du vin, le citoyen de Lavigny est engagé sur tous les fronts. Conseil communal, football ou encore Jeune Chambre Internationale, il ne recule pas à l’heure de s’investir. En cette période de crise, c’est d’ailleurs lui qui a repris l’idée de la plateforme mise en place pour venir en aide aux commerçants et qui l’a adaptée au district.

«Quand j’ai vu cette crise arriver, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose dans la région. Mais je ne m’attendais pas à un tel succès!» Gilles Rossier – qui est à l’origine de la mise sur pied de la plateforme de soutien aux commerçants du district – tire forcément un bilan réjouissant de la démarche lancée il y a bientôt trois mois par la Jeune Chambre Internationale et qui a pris fin dimanche dernier. Avec plus de 600 000 francs récoltés, l’initiative a atteint son but: offrir un peu d’oxygène aux artisans locaux en faisant entrer de l’argent frais dans les caisses.
Le vigneron de Lavigny l’avoue volontiers: «On s’attendait à réunir 50 ou 100 000 francs, mais certainement pas autant. C’est génial, les gens ont joué le jeu en achetant local. J’espère qu’ils ont découvert une boutique, un maraîcher ou encore un boucher et qu’ils conserveront cette bonne habitude à l’avenir. Si la moitié garde cette ligne, ce sera du bonheur!» Un signe est déjà encourageant: alors que les commerces avaient rouvert, les commandes ont continué à affluer, preuve également qu’une belle solidarité s’est installée dans la région. «Le soutien de plusieurs communes – Morges, Aubonne et Lavigny – ainsi que de la SEFA a été important pour faire décoller les ventes», estime Gilles Rossier.

Mais gérer tout ce flux durant pratiquement trois mois n’a pas été de tout repos. «Ça a demandé beaucoup de boulot pour traiter les commandes tous les matins, envoyer les bons aux acheteurs et verser chaque semaine les sommes aux commerçants. Cela a représenté une dizaine d’heures hebdomadaires pour moi, et près d’une demi-journée pour chaque membre de mon équipe (Tara Kazanciyan, Loïc Zryd, Pascal Rocha da Silva, Daniela Ragni). C’est du bénévolat, mais comme je suis co-gérant avec ma mère, j’ai pu m’arranger. Et puis il fallait bien que quelqu’un le fasse. Mais je n’aurais jamais imaginé que ça demanderait autant de travail. Reste que si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde.»

Un hyperactif

Ce rôle de samaritain joué par Gilles Rossier durant la pandémie résume bien son caractère: hyperactif. «C’est vrai, je suis quelqu’un qui bouge, qui aime voir du monde. Je fais partie de plusieurs comités ou assemblées (ndlr: Conseil communal ou FC Lavigny par exemple). C’est presque un peu trop parfois, mais j’ai besoin de ça.»
C’est d’ailleurs ce qui l’avait motivé à rejoindre la Jeune Chambre Internationale de Morges en 2015. «C’est David Grin qui m’a introduit. J’y suis allé pour faire des connaissances. Et durant deux ans – en 2018 et 2019 – j’ai siégé au comité. J’aurais pu reprendre la vice-présidence, mais j’ai refusé. Entre le domaine viticole et la naissance de mon fils, ça faisait trop. Mais je suis resté un membre actif.» Son engagement pendant la crise le prouve.

David Grin, justement, ne tarit pas d’éloges à l’égard de Gilles Rossier: «C’est quelqu’un de généreux, qui a à cœur le bien-être des autres. Il a toujours le souci de bien faire les choses. C’est aussi une personne qui bouillonne d’idées et qui est visionnaire.»

Avec un tel profil, peut-on imaginer le voir garnir prochainement les rangs de la Municipalité de Lavigny, lui, l’enfant du village? «Ce n’est pas au programme actuellement. Si j’aime bien faire beaucoup de choses, je ne souhaite pas me concentrer sur une seule.»

Virage à 180 degrés

Le parcours du citoyen de Lavigny révèle également une personnalité affirmée. Alors que depuis dix ans il travaille dans la finance à l’Institution de Lavigny, Gilles Rossier effectue un autre choix de vie en 2015. «Lorsque mon père Jean-David est décédé, je suis revenu sur le domaine agricole familial pour le reprendre avec ma mère. J’y ai vu comme un signe, l’occasion de perpétuer un héritage. Et puis au fond, j’ai toujours voulu devenir vigneron. J’ai été baigné dans le vin et je prenais chaque automne deux semaines de vacances pour venir aider aux vendanges.»

Si cette nouvelle vie n’est pas de tout repos, le trentenaire apprécie de travailler à son compte. «En 2018, nous avons fusionné le domaine avec celui de ma cousine Joëlle et de son papa Philippe à Aubonne. C’était indispensable pour aller de l’avant. Il est évident que ma vie est plus difficile que celle que je menais auparavant, mais je suis plus heureux et je bosse en famille. Tout cela n’a pas de prix…»

Une base à conserver

Mise en route aussi rapidement que possible, la plateforme de soutien aux commerçants a donc atteint son but. Mais pour Gilles Rossier, il s’agit désormais de la faire perdurer. «La Jeune Chambre Internationale de Morges va se rapprocher des commerçants avec une proposition prochainement pour maintenir la plateforme sous une autre forme. Nous devons donner une seconde vie à cette vitrine.»

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