Tremblement de terre politique à Morges

Tremblement de terre politique à Morges

La nouvelle municipalité de Morges.

La coalition de droite fait un carton incroyable au 2e tour et remporte une majorité de cinq contre deux. Sylvie Podio est éjectée de la Municipalité qui voit arriver quatre néophytes à son bord.

Avant les paroles et les mots, des chiffres:

  1. Mélanie Wyss (PLR) – 2128
  2. Laetitia Bettex (Verts’libéraux) – 2072
  3. Jean-Jacques Aubert (PLR) – 1961
  4. David Guarna (Entente morgienne) – 1908
  5. Laurent Pellegrino (PLR) – 1875
  6. Laure Jaton (PSIG) – 1675
  7. Vincent Jaques (PSIG) – 1654

Vous ne rêvez pas, il s’agit bien du résultat du 2e tour des élections à la Municipalité de Morges. Il manque Sylvie Podio? Vous ne rêvez toujours pas, la députée Verte termine dixième, derrière l’UDC Jean-Pierre Morisetti, tout comme le sortant Philippe Deriaz (PS), bon dernier.

On parle donc d’une ville de gauche, bien à gauche, qui a réalisé un score parfait au premier tour avec les cinq candidats en tête. Mais voilà… la droite a fait fort en trouvant les mots pour s’unir, quitte à manger son chapeau comme l’Entente, en faisant liste commune avec une mayonnaise qui a pris immédiatement puisque les six candidats ont semblé dès le lendemain du premier tour comme s’ils étaient du même parti.

Ainsi, Mélanie Wyss termine en tête après une première législature solide mais aussi parfois timide. Son style a manifestement largement convaincu puisqu’elle triomphe en ce dimanche, entraînant dans son sillage toute la droite, à l’exception de l’UDC Jean-Pierre Morisetti, qui réalise toutefois un score au-delà de toutes les espérances.

Le détonateur Bettex

Mais que dire du score de Laetitia Bettex, pièce maîtresse d’une stratégie remarquable mais aussi et surtout de circonstance. La verte libérale et son parti représentent-t-ils vraiment les 2072 voix arrachées aujourd’hui? Bien sûr que non en temps normal, mais nous ne sommes pas en temps normal. La droite, qui y a cru dès le premier jour, a su lire les tableaux et le trou de souris que l’on annonçait possible s’est finalement révélé un boulevard avec des candidats plus jeunes, plus neufs et qui ont sans doute manifesté – c’est évidemment subjectif – plus d’envie d’y aller.

Mais si la droite joue les Caliméro à Lausanne face à la toute puissance de la « liste de gauche », elle bénéficie exactement du même effet ici. Ce serait un peu réducteur de dire qu’il y a des inconnus parmi les gagnants du jour, mais c’est bien l’effet de groupe qui a joué et qui a su – ce qui est tout à l’honneur de la coalition – sentir une certaine usure du pouvoir à gauche, comme en témoigne des moments des deux débats organisés par le Journal de Morges où l’on sentait parfois des « vieux » sortants presque agacés de devoir encore une fois se prêter aux obligations d’une campagne électorale.

Au PLR, pour des personnalités présentes dans l’arène depuis trente ans, on doit se pincer en ce dimanche à la lecture du résultat, qu’on aurait décrété comme fantaisiste il y a encore douze mois. Mais il y a eu le référendum du Parc des Sports, l’éviction étonnante d’Anne-Catherine Aubert avant l’été et surtout la victoire trompeuse des Verts au premier tour, dont les supporters se sont démobilisés en ce dimanche.

C’est donc une nouvelle page qui s’ouvre pour Morges sur le plan politique, d’autant que la syndicature devrait logiquement changer de main, le PLR pouvant revenir au pouvoir qu’il a lâché lorsqu’un certain Jean-Michel Pellegrino l’a abandonné à Eric Voruz il y a… plusieurs décennies.

REACTIONS

Les Verts

Sylvie Podio

«C’est assez incompréhensible. Il y a trois semaines, nous avons gagné huit sièges au Conseil communal et aujourd’hui aucun de nos candidats n’est nommé. La droite a mieux mobilisé que nous, il n’y a pas photo. C’est un peu la douche froide.»
Le PLR

Mélanie Wyss

«Nous avions annoncé que l’objectif était de reprendre la majorité. Je suis très contente que nous y soyons parvenus et touchée de la confiance des Morgiens. Je mesure également le poids de la responsabilité qui pèse désormais sur nos épaules.»
Le PS

Vincent Jaques

«Le cœur n’est évidemment pas à la fête, mais il faut avoir du respect pour les électeurs qui ont souhaité un changement».
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