Vu à Beausobre: Souchon, on en redemande!

Vu à Beausobre: Souchon, on en redemande!

À 77 ans, Alain Souchon donne toujours autant sur scène. Photo: Rajic

Du haut de ses 77ans (!), le chanteur n’a rien perdu de sa poésie et de son énergie. Pour un public de Beausobre conquis qui n’a pas hésité à donner de la voix.

Alors que l’on pouvait s’attendre à un public de « fidèles », on a pu voir toutes les générations se côtoyer dans un théâtre plein comme un œuf. Il faut dire que la tête d’affiche du jour rassemble bien au-delà de sa génération. En 40 ans de carrière, on ne compte plus les tubes de celui qui a vendu plus de 9 millions de disques.

Pour autant, pas question pour l’auteur-compositeur-interprète de faire « la star ». Dès l’entame de son concert c’est la sobriété qui prime. Sur une scène plongée dans le noir, un projecteur s’allume et le chanteur entre en piste, seul avec sa guitare entonnant: « Je marche tout seul le long de la ligne de chemin de fer… » pas besoin d’en faire plus, le public est déjà conquis et reprend en chœur « Allô maman bobo ».

Puis le natif de Casablanca enchaîne les chants d’un répertoire varié et coloré. Rock, blues, country ou même reggae, ses musiques offrent chacune une atmosphère différente. Avec lui, ses musiciens alternent entre guitare, clavier, batterie, basse, ou encore oud (instrument à corde pincée très répandu dans les pays arabes, ressemblant un peu au luth) devant un écran tantôt rouge, tantôt mauve avec des bandes lumineuses dont l’éclairage fluctue. Un décor sobre pour un chanteur sobre, tout colle.

Et s’il s’avoue parfois un peu maladroit, ses textes eux ne le sont pas

S’il prend parfois la parole trop longuement entre les différents morceaux, Alain Souchon parle sincèrement à son public qui le lui rend bien. Et s’il s’avoue parfois un peu maladroit: « J’aime faire rire les gens, mais souvent ça ne marche pas. Sauf quand je prends ma guitare, là ça fait rire Laurent Voulzy », ses textes eux ne le sont pas. On admet volontiers avoir écrasé une larme au moment de la chanson « Et si en plus y’a personne », composée en 2005 et qui est toujours criante d’actualité aujourd’hui. On ne peut pas se montrer insensible à « C’est déjà ça » et qui aura résisté à chanter « Foule sentimentale » à pleine voix?

« La vie ne vaut rien », « Y’a d’la rumba dans l’air », « On est foutu on mange trop », « Quand je serai KO », « Le bagad de lann-bihoué », « Jamais content », durant 2h, tous les tubes y sont passés et, on a vérifié, il en restait encore quelques-uns. Loin des « bêtes de scènes » que sont ou ont été les Johnny ou autre Sardou, Alain Souchon reste fidèle à lui-même: un immense monsieur de la chanson française s’excusant presque d’être là mais distribuant du bonheur à un public conquis qui n’aura pas manqué de lui offrir pas une, pas deux, mais trois standings ovations!

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