Le monde à ma porte – 9 juillet 2021

Le monde à ma porte – 9 juillet 2021

On parle beaucoup de promotions, ces temps-ci, et cela ressuscite en moi de vieux et rares souvenirs. Car mon parcours scolaire a été si minçolet, que les honneurs de fin d’année ne furent hélas jamais pour moi. Enfin, j’exagère un peu: les promotions qui m’ont le plus marqué, je les dois à mes huit ou neuf ans, quand devant plusieurs classes de gosses rassemblées, je reçus le prix de français. Je tremblais déjà, timide jusqu’au tréfonds de moi-même, avant de monter sur scène, et je tremblai plus encore quand le directeur chauve et la maîtresse au grand sourire fait pour les publicités me remirent ma récompense. Et je tremblai toujours, héros à contre-emploi, en descendant l’estrade pour rejoindre ma place sous les regards des copains qui n’en étaient pas tous, des copains. Je déballai mon cadeau et découvris alors «Le petit Lord Fauntleroy», de Frances Hodgson Burnett, dans la collection «Rouge et or, Souveraine». C’était comme un Prix Nobel, en somme, et je fus intrigué par les images dont le bouquin était illustré. Je n’ai jamais perdu ce trophée. Après tout, il est le symbole de mon unique présence honorée à des promotions de fin d’année. Mais je ne dois pas oublier une autre promotion, différente: je fus choisi, à sept ou huit ans aussi, pour incarner un personnage important dans une pièce de théâtre scolaire. J’étais celui à qui on arrachait des dents, et je devais montrer mon effroi, ma souffrance (c’est moi avec le bonnet sur la photo). Mes chers parents furent si fiers de ma performance de dix secondes.
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