Sa Majesté les a bien « plantés »!

Sa Majesté les a bien « plantés »!

Roger Federer, un petit tour et puis s'en va... Photo: KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

ATTENTION ARTICLE DÉCALÉ Y’a pas de mal à se faire du bien, la rubrique qui sort des frontières du district et des sentiers battus. Aujourd’hui, on se penche sur le phénomène Roger Federer, battu un peu prématurément lors de sa rentrée saluée par tous avec grandiloquence et peu de nuance à Genève cette semaine.

Qui veut la peau de Roger… Federer? Personne évidemment, mis à part peut-être cet ingrat de Pablo Andujar, qui lui a fait mordre la poussière en début de semaine à Genève alors que le champion semblait en tournée américaine de promotion de sa personne, humble toujours.

J’ai vraiment de l’admiration pour ce génie de la raquette, mais je ne parviens pas à partager la vénération qui entoure un athlète que tout le monde place sur une planète «à part» alors que ses concurrents directs Nadal et Djokovic ont, pour le peu que j’en sais et en gros, accompli à peu près le même chemin.

On a bouffé du Federer autant qu’on s’est fait arroser par la pluie!

Dans une autre vie de journaliste sportif, je me serais toutefois sans doute aussi prosterné devant « Sa Majesté » comme beaucoup l’ont fait ces derniers jours. «Notre interview exclusive», «Ne manquez pas la rencontre avec le Maître»: on a bouffé du Federer autant qu’on s’est fait arroser par la pluie tout le week-end. Avec des questions toujours mordantes du genre: «Avez-vous trouvé génial votre film qui fait la promotion du tourisme suisse?», «Est-ce qu’il est sympa Robert De Niro?» et – véridique – «Pouvez-vous signer un autographe pour mes enfants?»

Encore une fois et même si ça y ressemble, je ne jette pas la pierre à mes confrères, car les «suiveurs» attitrés de Federer n’ont pas d’autres choix que de se plier à ces règles par ailleurs non écrites. Imaginez-vous un instant un journaliste le traiter de «chèvre» après sa défaite de mardi? Un joueur de 4e ligue ratant un but tout fait y aurait eu logiquement droit, mais pas lui «qui doit logiquement accumuler les matchs pour retrouver sa forme et monter en puissance».

Le système est devenu fou

J’ajoute que notre champion n’y est pour rien, c’est le système qui est devenu fou. Au départ, les interviews de footballeurs ou de skieurs entre deux manches étaient là pour amener un plus,
emmener le téléspectateur au cœur du show. C’est depuis devenu une rare occasion de zoomer sur la gourde ou la casquette du sponsor avec à chaque fois la promesse de «tout donner en 2e
mi-temps ou en 2e manche».

Une interview exclusive de Lara Gut? Pas de problème, mais ce sera lors de sa visite chez Camille Bloch! Mbappé? Avec plaisir quand il viendra dans la fabrique de sa montre Hublot. Les médias se sont accommodés de toutes ces usages et il est facile pour le «petit» que je suis de les fustiger puisque nous n’y sommes pas confrontés. Le message est donc passé à nos futurs cracks de la région: merci de toujours garder un contact direct avec notre rédaction lorsque vous serez demain de grands champions!

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