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Le salaire médian sous la loupe

Le salaire médian sous la loupe

Le salaire médian brut par heure en Suisse. Source: OFS

Les derniers chiffres de l’Enquête suisse sur la structure des salaires dressent un portrait nuancé des rémunérations dans le canton de Vaud en 2024.

En 2024, le salaire brut médian – 50 % de la population gagne plus, 50 % moins – dans le canton de Vaud s’établit à 6810 francs par mois, soit 39 francs 30 de l’heure pour un plein temps de 40 heures hebdomadaires. Un chiffre qui place le canton 210 francs en dessous de la médiane nationale (7020 francs), mais nettement au-dessus du Tessin, dont il dépasse le salaire médian de 1100 francs. Zurich et la Suisse du Nord-Ouest, portées respectivement par leur pôle financier international et leur industrie chimique, conservent une longueur d’avance de 700 francs.

En douze ans, on note une progression de 9,7 % — soit 600 francs de plus sur la fiche de paie. Mais une fois l’inflation déduite (+5,7 % sur la période, dopée par la flambée des prix entre 2021 et 2023), la hausse réelle fond à 3,8 %, soit 250 francs. Dans le même temps, l’électricité a bondi de 67 %, l’huile d’olive de 64 %, les loyers de 15 %. Le porte-monnaie, lui, n’a pas suivi au même rythme.

Le secteur privé s’en sort toutefois mieux (+4,7 % de croissance réelle) que le secteur public (+0,7 %), même si ce dernier affiche un salaire médian structurellement plus élevé (8040 francs contre 6520 francs dans le privé), en raison d’une main-d’œuvre plus diplômée et plus ancienne.

Des disparités

Les différences entre branches restent frappantes. Les activités informatiques affichent un salaire médian de 9700 francs, soit plus du double de celui de l’hôtellerie-restauration (4610 francs). Les activités financières (9100 francs) et d’assurance (8780 francs) figurent également en tête.
À l’autre bout de l’échelle, le commerce de détail (5160 francs) et la restauration pâtissent de marges réduites et d’une concurrence structurelle – plateformes de location entre particuliers, vente en ligne – qui pèse sur les salaires comme sur les modèles d’affaires.

Car un poste sur dix reste un bas salaire – défini comme inférieur à 4540 francs par mois. Une proportion en recul par rapport à 2012 (13 %), mais qui pèse encore lourd sur de nombreux ménages. Plus d’un tiers de ces bas salaires se concentrent dans la restauration et le commerce de détail.

Côté parité: l’écart de salaire médian entre femmes (6700 francs) et hommes (6880) n’est plus statistiquement significatif dans le canton. En douze ans, les salaires féminins ont progressé de 9,9 % en termes réels, quand ceux des hommes stagnaient à -0,2 %. Une évolution notable, même si des différences persistent, notamment parmi les cadres supérieurs, où l’écart atteint encore 8,3 %.

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