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10 ans d’indépendance: Morges sous le déluge

10 ans d’indépendance: Morges sous le déluge

Morges a vécu une soirée historique ce 25 juin 2024. Photo: Laurent

Annoncé le 14 octobre, le rachat du Journal de Morges par Cédric Jotterand pour devenir indépedant est historique pour le titre.

«J’ai l’intime conviction que le Journal de Morges a plus que jamais sa place dans nos foyers», c’est l’une des phrases de l’édito de Cédric Jotterand, dans l’édition du 14 octobre. Il annonce alors racheter le titre local à Tamedia qui cherchait à le remettre depuis plusieurs années.

Un titre «de retour à la maison» comme le clamaient les manchettes de l’époque. Pour marquer le coup, la rédaction avait préparé, en fin d’année, une édition spéciale dans laquelle de nombreux lecteurs, personnalités connues ou moins dans le district clamaient leur attachement au Journal de Morges. Vignerons, jeunesses, footballeurs, politiques, commerçants et simples lecteurs – de parfois toujours – souhaitaient leurs meilleurs voeux pour ce nouveau chapitre de la presse locale.

Un chapitre qui s’est bien étoffé et fête aujourd’hui son dixième anniversaire, toujours grâce à vous, fidèles lecteurs. Merci!

Le 25 juin 2024 restera gravé très longtemps dans les mémoires des Morgiens… et dans celle de la rédaction du Journal de Morges!

On ne va pas vous mentir, en règle générale, il y a assez peu de suspense dans le choix et la hiérarchisation des sujets dans le journal. On sait – en principe – assez tôt dans la semaine quel sera notre gros article, s’il y a une enquête spécifique et ce qui figurera sur telle ou telle page. Mais il y a toujours des exceptions, et celle de l’édition du 28 juin 2024 en est une toute particulière.

Nous sommes alors mardi soir, le 25 juin. Le journal est sur la bonne voie et notre point fort de la semaine, notre «trois» – soit le sujet d’actualité le plus «brûlant» – est dédiée à Dan Ndoye puisque l’Euro bat son plein et que l’ancien junior de Saint-Prex a marqué avec la Nati contre l’Allemagne. Tout est sous contrôle donc jusqu’à ce message d’une amie un peu avant 20 h: «On a les pieds dans l’eau par là», avec une image du Parc de l’Indépendance qui commençait à se transformer en pédiluve.

Dispositif spécial

Ni une ni deux, on abandonne son apéro, sa soirée tranquille sur le canapé et on se branche en mode «chaîne d’info en continu». Car c’est une chose de façonner un journal papier toutes les semaines, mais c’en est une autre de couvrir un tel événement en direct.

À l’image de la cellule de crise qui s’est mise en place ce soir-là du côté des pompiers, de la police et des services de la Ville, la rédaction du JDM elle aussi a déclenché un dispositif spécial, totalement improvisé.

Un journaliste a les pieds dans l’eau sur place, pour raconter ce qu’il voit et récolter des témoignages qu’il envoie directement à sa collègue, postée derrière son ordinateur pour alimenter le site Internet, des photographes crapahutent aux quatre coins de la ville pour montrer l’incroyable, un autre journaliste s’occupe des téléphones, un quatrième prend des photos dans les hauts du district, eux aussi touchés…

On repart à zéro

Après une longue soirée, on se retrouve le mercredi matin… pour détruire l’intégralité du journal. Ou plutôt le réorganiser. Exit Dan Ndoye, relégué en sport. Mais peut-on se contenter d’une seule page pour raconter un événement aussi incroyable? Non. Une double page est nécessaire. Mais, trois jours après, ça ne suffit pas de dire qu’il a plu. Qu’ajouter aux images? On va contacter les commerçants touchés. Un point presse est prévu demain matin par les principaux acteurs de la soirée, qui y va?

Autant de questionnements qui font le sel du métier. Ne devrait-on d’ailleurs pas modifier la Une? Évidemment! Exit les trois sujets habituels, on l’avait fait pour le Covid, c’est au moins aussi exceptionnel!

Jeudi, 12 h: l’édition est envoyée à l’imprimerie. Elle ne ressemble pas du tout à celle qui était imaginée deux jours avant, mais ce sont les aléas de l’actualité – historique – au service de laquelle nous sommes toujours.

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