Meillard avait prédit sa médaille au JDM!

Meillard avait prédit sa médaille au JDM!

Hérémence, le 12 décembre 2017. Rencontre avec le skieur de l'équipe de Suisse, Loïc Meillard. ©François Moesching

En 2017, le Journal de Morges avait fait le trajet d’Hérémence pour aller à la rencontre du nouveau médaillé mondial de ski Loïc Meillard. Le jeune espoir avait alors évoqué son envie de goûter au podium des championnats du Monde. C’est chose faite depuis mardi.

Lorsque vous êtes des dizaines à vous élancer, il n’y a que trois médailles au bout de la bise. Loïc Meillard a désormais du bronze autour du cou, lui que nous avons suivi à deux ou trois reprises depuis ses débuts, intéressé par son talent, sa modestie et sa maîtrise.

Le skieur neuchâtelois Loïc Meillard, installé à Hérémence (VS), a fait un pas de géant lors des 36 derniers mois qui l’ont vu réaliser une ascension progressive vers les sommets de la discipline, lui qui figure actuellement dans les meilleurs du classement général de la Coupe du Monde. Mais ces honneurs ne lui suffisent plus, lui qui a décroché ce que tout le monde veut: une médaille lors d’un grand rendez-vous. Elle est tombée lundi, lors d’un combiné ou sans une grosse faute, l’ancien espoir aurait peut-être pu se parer d’or.

Lorsque notre journaliste Julien Lambert et notre photographe François Moesching le rencontrent en décembre 2017 pour incarner la jeunesse et l’avenir dans notre hors série de Noël, le sportif sort d’une première saison prometteuse en Coupe du monde, mais ne compte pas encore le moindre podium. Parmi les meilleurs dans sa catégorie d’âge, Loïc Meillard avait jusqu’ici franchi rapidement les échelons, remportant trois titres mondiaux juniors et quatre succès en Coupe d’Europe.

Comme tous les athlètes, j’aimerais monter sur des podiums, faire partie des meilleurs ou encore devenir champion du monde ou olympique

Et son évolution constante, déjà observée à l’époque, ne le poussait pas pour autant à se fixer des objectifs chiffrés. «Je veux juste progresser à chaque course, donner le meilleur de moi-même et on fera le bilan en fin de saison. Comme tous les athlètes, j’aimerais monter sur des podiums, faire partie des meilleurs ou encore devenir champion du monde ou olympique», déclarait-il alors.

Une méthode payante! Car si le dernier rêve ne s’est pas encore réalisé, le Suisse de 24 ans a depuis décroché une demi-douzaine de podiums en Coupe du Monde ainsi qu’un petit Globe de cristal en parallèle cette année et, enfin, cette médaille qui vous forge un palmarès pour la vie. Et lorsqu’on sait qu’il reste encore à venir le géant et le spécial du côté de Cortina, on se dit que le sportif parrainé par Laurent Membrez SA à Aclens pourrait être l’une des figures de ces Mondiaux italiens. A noter que c’est aussi une récompense pour l’entreprise du district, elle qui a commencé à soutenir Loïc et sa soeur Mélanie alors qu’ils étaient de parfaits inconnus.

Passion familiale

Chez les Meillard, la passion est familiale, comme le racontait Loïc en 2017. «Nos parents nous ont mis sur des skis dès l’âge de deux ans. Comme nous avions un appartement à Hérémence, nous faisions chaque week-end le trajet depuis Neuchâtel pour venir sur les pistes, quelle que soit la météo. Quand notre papa nous a inscrits au Ski Club du village, nous avons tout de suite accroché.»

Rapidement tombée amoureuse du cirque blanc, la fratrie a admiré les «pros» avant de les rejoindre. «Quand on commence à disputer des courses et qu’on regarde les grands à la télévision, on a forcément envie de les imiter. Mais c’était avant tout un rêve, nous n’avions pas l’idée de devenir professionnels.» Aujourd’hui, Loïc et Mélanie semblent être à un tournant de leur carrière et se lancent dans une saison remplie de confiance et d’espoirs, avec – déjà – cette belle récompense.

Alors, on se donne rendez-vous dans trois ans, ou avant du côté de Tokyo en 2022?

Déçu et heureux à la fois

Devancé de 0 »03 par Marco Schwarz après une manche de vitesse parfaitement négociée, le frère aîné de Mélanie devait il est vrai prendre tous les risques après avoir vu l’Autrichien prendre la tête avec 0 »04 d’avance sur le futur médaillé d’argent Alexis Pinturault. Cela n’a pas fonctionné.

« Je suis un peu déçu d’avoir commis une faute. Mon ski était là. J’aurais pu faire mieux », a lâché Loïc Meillard au micro de la RTS. « Mais le positif, c’est que je tiens ma première médaille. Il me reste encore trois courses (réd: le parallèle, le géant et le slalom), et j’espère pouvoir poursuivre sur ma lancée. »

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