L’histoire d’une union évidente

L’histoire d’une union évidente

Luc-Etienne Rossier, syndic d'Aubonne et Claude Ioset, syndic Montherod actent la fusion en 2017 avant le verdict final de la population. Photo: Cardoso/VQH

Alors que le mariage est officiel depuis le 1er janvier, ces premières élections sont historiques pour la nouvelle commune. Retour sur un passé récent, mais déjà riche.

C’est un terme qui a beaucoup fait parler à Aubonne durant ces deux dernières décennies. Avant les années 2010 tout d’abord, lorsque la petite commune de Pizy (71 habitants), en 2006, s’approche de sa «grande sœur» aubonnoise. Le village fait en effet face à des difficultés, notamment au vu du manque de volontaires pour s’investir au sein des autorités communales. Une fusion sereine et unanime qui aboutit et entre en force le 1er juillet 2011.

Sur la lancée de ce premier processus, c’est alors toute une région qui commence à parler fusion. En 2010, on discute en effet d’une idée nommée «Communes de l’Aubonne +» qui pourrait regrouper 12 villages entre Gimel, Etoy et Perroy. Si cette option tient bel et bien du projet lointain – ayant pour davantage pour but de créer des synergies – elle est tout de même le départ de réflexions plus sérieuses.
C’est ainsi qu’en septembre 2013, Aubonne, Montherod, Bougy-Villars et Saubraz annoncent leur projet de fusionner. «Aubonne, Bougy-Villars, Montherod et Saubraz ont vite réalisé que c’est entre elles qu’il existait le plus de synergies. Mais nous ne fermons pas la porte aux autres communes qui souhaiteraient nous rejoindre», expliquaient alors les syndics concernés désireux d’unir leurs 4300 habitants.

Fusion contestée

Une taille autrement plus importante que la première expérience avec Pizy. Ce qui crée d’ailleurs des remous dans la région, certaines communes voisines ne comprenant pas la décision, notamment de Bougy-Villars, qui semblait avoir davantage de complémentarité avec des villages de la région rolloise. Une incompréhension également partagée par le Conseil général de la localité, ce qui ne lance pas spécialement le projet sur les bons rails.

C’est en février 2014 que le verdict tombe et que le Conseil de Bougy-Villars refuse l’intention de fusion alors que les trois autres entités l’acceptent. Bougy sort du processus et, presque immédiatement, Saint-Oyens entre dans la course. Alors que tous les conseils approuvent la convention de fusion, ce sont les citoyens qui auront le dernier mot en septembre 2015.

Un exercice démocratique réussi et un verdict qui tombe, sous forme d’une véritable gifle: les Aubonnois refusent sèchement la fusion (388 oui contre 612 non), avançant un manque de logique dans le territoire, les communes de Saint-Oyens et de Saubraz ne partageant pas les frontières aubonnoises.

Un coup dur pour les autorités, qui ne s’avouent pas vaincues pour autant. En 2017, un nouveau projet «simple et logique» est proposé conjointement aux conseils d’Aubonne et Montherod. Un objectif plus raisonnable qui séduit les organes délibérants ainsi que, le 25 novembre 2018, les habitants des deux communes. À Montherod, 140 oui sur 171 bulletins valables, soit 82% de suffrages favorables à la fusion. Et à Aubonne 724 des 857 votants (84%) ont plébiscité cette union de communes.

Tourné vers l’avenir

Maintenant que le mariage est acté, il reste à le consommer, en élisant les toutes premières autorités de cette nouvelle entité, avant, qui sait, de grandir encore? Collaborant notamment avec Allaman et Féchy de manière étroite depuis longtemps, d’autres fusions pourraient être envisagées à l’avenir… Mais point trop d’expectatives pour l’instant, laissons les jeunes mariés s’acclimater à cette vie à deux, les défis à venir étant bien assez nombreux.

Dans le Top-10

Le mariage entre Aubonne et Pizy est le dixième qu’a compté le canton de Vaud depuis l’entrée en vigueur de la Constitution vaudoise du 14 avril 2003 et de la mise en œuvre de son cadre légal incitant aux fusions. Avant cette date, huit fusions avaient déjà eu lieu. Mais Aubonne fait partie des rares communes à avoir connu plusieurs fusions. Seules Champvent (premier mariage du canton avec Saint-Christophe en… 1811 puis avec Essert-sous-Champvent et Villars-sous-Champvent en 2012) et Bussy-Chardonney (union de Bussy et de Chardonney en 1961 puis avec Cottens, Apples, Reverolle, Pampigny et Sévery pour devenir Hautemorges le 1er juillet qui vient) ont vécu plus d’une fusion dans leur histoire.

Vue aérienne d'Aubonne. Photo: Locher
Vue aérienne d'Aubonne. Photo: Locher
Vue aérienne de Montherod. Photo: Locher
Vue aérienne de Montherod. Photo: Locher
Les blasons des deux communes. Seul restera celui d'Aubonne (à gauche).
Les blasons des deux communes. Seul restera celui d'Aubonne (à gauche).
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