Les plantes aquatiques abondent à cause du chaud
Les plantes aquatiques sont visibles en nombre depuis le débarcadère de Morges. Photo: Rempe
Ces dernières semaines, de véritables « banc d’algues » ont fait leur apparitions sur le Léman. Le responsable? La chaleur.
Tout d’abord, il faut rappeler que ce ne sont pas des algues, mais des plantes aquatiques. Enracinées au fond du lac, elles fleurissent à sa surface et sont indispensables à l’équilibre lacustre, un peu à l’image des forêts pour les écosystèmes terrestres. Ces plantes oxygènent l’eau, absorbent le phosphore et l’azote dissous dans l’eau, et servent d’abri, d’habitat, de nurserie et de garde-manger pour les poissons et autres petits organismes qui peuplent les lacs.
Mais pourquoi y en a-t-il autant cette année? « C’est lié à la chaleur », explique Caroline Villard, directrice de l’Épuration de la région morgienne (ERM) qui gère le faucardage de ces plantes. « Il faut préciser qu’on ne peut pas faucarder n’importe où. Les zones sont déterminées par le canton, avec l’accord des communes et on ne peut pas aller où on souhaite », poursuit-elle.
Par ailleurs, le faucardage est une action de confort. « On enlève les plantes aquatiques exclusivement pour améliorer la baignade ou la conduite des bateaux histoire d’éviter que les hélices se retrouvent bloquées », précise Caroline Villard.
On faucarde et trois jours plus tard les plantes aquatiques sont déjà de retour, on ne peut pas faire grand-chose contre ça
Caroline Villard, directrice de l’ERM
Et pour ceux qui s’inquiéteraient de la bonne santé de la nouvelle faucardeuse arrivée en avril, la directrice de l’ERM les rassure. « Elle va très bien, elle sera d’ailleurs de retour à Morges ce jeudi pour son deuxième tournus de l’été. Mais il faut être conscient que, par ces chaleurs, on faucarde et trois jours plus tard les plantes aquatiques sont déjà de retour, on ne peut pas faire grand-chose contre ça. »
Si l’ERM gère le faucardage c’est parce que lors de sa construction entre 1971 et 1974, la STEP était un point de rejet de phosphore dans le lac, ce qui participait au développement des plantes aquatiques. C’est pour cela que l’ERM s’est vu attribuer le faucardage. Cette tâche s’est perpétuée, même si le phosphore est désormais traité dans les STEP depuis de nombreuses années.
La faucardeuse va d’ailleurs bien au-delà des frontières morgiennes puisqu’elle couvre sept communes: St-Sulpice, Préverenges, Morges, Tolochenaz, Saint-Prex, Rolle et Gland. Dès lors, et avec une vitesse maximale de 5km/h, il faut être patient pour voir les plantes aquatiques disparaîtres… en partie. « Mais on doit approcher la fin de saison car le conducteur m’a fait la remarque qu’à certains endroits, elles sont déjà en train de devenir brunes et de se décrocher toutes seules, comme les feuilles en automne », conclut la directrice de l’ERM.
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