Les petites mains de l’Euro féminin

Valentine Leon (en haut), Yacine Chalbi (au centre en bas), et Stefania Sterjov avec la mascotte Maddli vivent l’Euro à fond. Photo: DR
La fête du football féminin se tient en ce moment partout en Suisse, notamment grâce aux 2500 bénévoles qui s’investissent pour une compétition d’ores et déjà réussie.
Lundi soir, le cortège des fans du Portugal progresse à travers les rues de Genève. Au son des tambours et des «Ooooh de Portugal eu sou» (en français: «je viens du Portugal»), les supporters sont guidés par des gens, tout de bleu ciel vêtus, gants géants au bras, leur indiquant la direction à suivre pour rejoindre le stade. Casquette violette vissée sur la tête ou mégaphone en main, les bénévoles donnent eux aussi de la voix, participant aux festivités avec enthousiasme. Aux abords du stade aussi, les volontaires sont présents et visibles. Qui pour indiquer à quelle entrée se rendre, qui pour répondre à des questions sur les horaires des trains pour le retour après le match, qui pour rappeler les règles de ce qui peut ou non entrer dans l’enceinte.
À la base, j’avais pris des billets pour cet Euro, mais finalement, je me suis dit que j’avais envie de faire partie de ça d’une manière différente
Valentine Leon, bénévole à l’Euro féminin
Parmi ces joyeux bénévoles, Valentine Leon, 34 ans. Cette ancienne footballeuse amateure, qui a grandi à Aubonne, ne pouvait pas passer à côté de cette occasion. «J’ai joué il y a presque vingt ans et je suis hyper émue de voir l’ampleur que le foot féminin prend et va continuer à prendre, explique-t-elle. À la base, j’avais pris des billets pour cet Euro, mais finalement, je me suis dit que j’avais envie de faire partie de ça d’une manière différente. Je me suis donc inscrite comme bénévole.»
Voir l’effervescence que le tournoi provoque touche la jeune femme. «À l’époque, une fille qui faisait du foot était un peu considérée comme une extraterrestre. Si j’avais pu vivre ça étant petite, ce sport aurait été plus naturel et j’aurais sans doute commencé plus tôt.»
Belle ambiance
Parmi ses mandats de «spectators services», en français services aux spectateurs, Valentine Leon retiendra le match Danemark-Suède, durant lequel elle était en poste dans le stade. «L’ambiance était très bon enfant avec beaucoup de familles. J’ai notamment vu des petits garçons tous fiers d’avoir pu être pris en photo avec les joueuses.»
Stefania Sterjov, d’Apples, vit aussi cet Euro avec la casquette de bénévole. «Et j’adore ça!», assure-t-elle d’entrée. Un peu comme sa collègue, «c’était naturel de soutenir un tel événement», explique celle qui pratique au FC Etoy féminin. Pour autant, un tel rôle demande de l’investissement, même s’il est bénévole. «Je travaille jusqu’à 16 h les jours de matchs, puis je me rends au stade, où on nous explique notre rôle et, deux heures avant le match, on doit être en place pour indiquer leur chemin aux spectateurs… mais aussi mettre un peu d’ambiance.»
Le foot féminin ayant toujours été un peu mis de côté, c’est émouvant de voir autant de monde se prendre au jeu
Stefania Sterjov, bénévole à l’Euro féminin
Durant la partie, les volontaires se retrouvent dans une salle qui leur est réservée pour regarder la confrontation ou s’occuper avant de reprendre leur poste, une demi-heure avant le coup de sifflet final. La jeune femme reconnaît avoir été surprise par l’engouement provoqué par la compétition. «On ne s’attendait pas à ça, confie-t-elle. Le foot féminin ayant toujours été un peu mis de côté, c’est émouvant de voir autant de monde se prendre au jeu. Et l’ambiance est vraiment excellente.»
À l’international
Si Valentine Leon et Stefania Sterjov ont été engagées, c’est notamment grâce à Yacine Chalbi. En plus de sa casquette de stagiaire en événementiel et communication numérique pour la Ville de Morges, il porte celle de «long time volunteer», comprenez: volontaire sur le long terme. «Nous avons par exemple fait passer les entretiens aux autres bénévoles, résume-t-il. Notre rôle était de remplir les postes sur les sites romands, à savoir Genève et Sion.»
L’UEFA a une rigueur dont on ne se doute pas. On parle de gestes anticipés à la seconde et d’éléments positionnés au centimètres près sur la pelouse
Yacine Chalbi, bénévole à l’Euro féminin
Pour le fan de football qu’est Yacine Chalbi, prendre part à l’Euro féminin était incontournable. «Vivre un événement d’ampleur internationale comme celui-ci, c’est rare.» Et l’homme en profite puisque durant la compétition, il est en charge de la cérémonie d’ouverture des matchs. «Les drapeaux des équipes et les bâches de l’UEFA qui se déploient avant la partie sont du ressort de mon équipe», énonce Yacine Chalbi. Un rôle qui demande une minutie de tous les instants. «L’UEFA a une rigueur dont on ne se doute pas, relève-t-il. On parle de gestes anticipés à la seconde et d’éléments positionnés au centimètres près sur la pelouse. Ce qui demande pas mal de répétitions pour que les enfants que l’on supervise soient au point à l’instant T.»
Celui qui a bien connu les gradins des supporters de football masculin ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à propos de cette compétition. «L’ambiance est familiale, il n’y a aucune violence, on est hyper serein dans le stade. C’est une belle carte de visite pour ce sport», conclut-il, convaincu.
Forte émotion
Pour Valentine Leon et Stefania Sterjov, voir que le football féminin parvient à rassembler pareillement a un impact particulier. «J’ai pleuré avec Lia Wälti (ndlr: la capitaine de la Suisse) pendant les hymnes nationaux, raconte la première. Et ça m’émeut de voir les cortèges de supporters.» Et la seconde d’ajouter avec émotion: «La petite moi de dix ans qui ne trouvait pas de chaîne pour regarder les matchs des filles à la télé est vraiment fière de pouvoir faire partie d’un tel événement. Ce que l’on a le privilège de vivre n’a pas de prix et je pense que ce sont des souvenirs que je garderai durant toute ma vie.»
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