Le monde à ma porte – 11 septembre 2020

Le monde à ma porte – 11 septembre 2020

Photo: Sébastien Bovy

Et tout à coup, il est parti, il a démarré devant mes pieds, mais je ne savais pas vraiment d’où, et il a couru, couru, les oreilles dressées, vers le haut de la colline où il a disparu en se glissant parmi les herbes hautes et dures signalant une source, ou un marécage. Et je ne l’ai plus revu. C’était il y a cinq jours. Je croyais chercher trois ou quatre champignons, apercevoir une grive, une hermine peut-être, mais c’est un lièvre brun qui a occupé tout mon paysage de ce matin-là et m’a ramené au temps de l’enfance.


J’ai alors remarqué, quand son départ m’a surpris et enchanté, que mon cœur accélérait, soixante ans plus tard, comme il accélérait quand j’étais petit et que surgissait des herbes de l’automne ou du labour gelé de l’hiver un bon gros lièvre insaisissable. Il nous surprenait toujours, on avait rarement deviné sa présence. Le lièvre attend souvent le dernier moment pour s’enfuir, espérant que l’ennemi potentiel passera sans le voir.
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