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La Coudre

Le Café du Jura ferme ses portes

Gilbert Hermann 06.08.2018 10:49

«À 82 ans, je crois que je peux arrêter. Me reposer un peu!» Yvonne Rochat semblait devoir justifier sa décision de fermer le Café du Jura ce 1er juillet 1983. Car la décision était d’autant plus pesante que la pinte jouait un rôle social important dans ce hameau de la commune de L’Isle accroché sur les pentes du Mollendruz.

Avec son mari Willy, enfant de La Coudre, Yvonne Rochat avait repris le Café du Jura en 1925. Tout en élevant trois enfants, elle avait exploité cette petite pinte qui – mis à part le plancher, un coup de pinceau par-ci par-là et un mobilier remplacé au cours des ans – était demeurée immuable depuis l’époque du charleston: un havre de paix, loin de la circulation.

L’exploitation de la pinte avait toujours reposé sur Yvonne. Car si son mari était titulaire de la patente, il se vouait surtout à son domaine agricole. Suite à son décès, Yvonne reprit la patente à son nom. «Mes garçons voulaient que j’arrête. Je leur ai répondu que, n’ayant plus le papa, je tenais à m’occuper un peu. Je voulais garder le café encore une année ou deux...» Qui auront duré une dizaine d’années.

En automne 1982, la santé d’Yvonne s’était faite chancelante. La pinte avait été fermée quelques semaines. Répondant aux sollicitations des autorités d’un hameau qui s’apprêtait à fêter son 400e anniversaire, Yvonne avait consenti à rouvrir le Jura: «J’avais encore du vin à la cave!» disait-elle. Aussi est-ce une fois achevées les festivités du 400e anniversaire que la pinte avait été fermée.

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Depuis qu’elle était devenue veuve, la tenancière avait renoncé à faire de la restauration. Mais le Café du Jura était resté un débit de boissons où le prix des trois décis ne coupait pas la soif aux consommateurs. Yvonne pratiquait des prix «agréables», comme les qualifiait Edward Cloux, ancien président du village. «Si je devais payer une location, je ne pourrais pas appliquer ces tarifs», concédait Yvonne comme pour s’excuser que ce ne soit pas plus cher.

«Notre «cafetière», on la ménage!», disait Edward Cloux. Preuve en est que, pour lui éviter parfois à avoir à descendre la rampe d’escaliers, de fidèles clients se servaient eux-mêmes à la cave et posaient l’argent sur le comptoir. «J’ai confiance en eux!», disait-elle. Et Cloux affirmait: «On ne lui a jamais rien fait sauter! C’est déjà tellement bon marché!»

Ce 1er juillet 1983,  le «Café du Bon Dieu tenu par une grand-mère en or massif» est entré dans la boîte aux souvenirs. Un Bon Dieu qu’Yvonne Rochat a rejoint en novembre 1990.

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