Un panorama d’enfer!

Un panorama d’enfer!

Perché sur une arête à près de 2200 mètres d’altitude, ce refuge de montagne offre une vue plutôt inédite sur la plaine du Rhône et le Léman. L’accueil en vaut également le détour!

Certaines balades se méritent, à l’image de la Cabane de la Tourche. Non pas que la marche en elle-même soit difficile, mais parce qu’accéder au parking est déjà une aventure en soit. Pour y parvenir, mieux vaut avoir le cœur bien accroché!

On connaît l’Alpe d’Huez et ses 21 virages mythiques que les coureurs du Tour de France ont l’habitude d’arpenter. Je vous en propose le triple! Rien que la montée jusqu’au village de Morcles depuis Lavey donne le tournis: 29 lacets en épingle à cheveux numérotés sur une route qui permet tout juste de croiser un autre véhicule. Et mieux vaut ne pas regarder dans le vide, car c’est un véritable mur qu’il faut affronter.

Arrivé au parking des Martinaux à plus de 1700 mètres, La Tourche est alors accessible en 1h30. «On peut soit passer par les sentiers (deux itinéraires possibles), soit par la voie non goudronnée, explique Karine Moix, gardienne de la cabane (photo). En prenant cette dernière, c’est un peu plus long, mais c’est idéal pour les non-marcheurs voire même les poussettes.» Et pour varier les plaisirs, changez de chemin pour la descente!

Vous n’aimez pas les routes sinueuses de montagne? Aucun problème. Il existe en effet un autre sentier pour rejoindre la cabane, en sortant de l’autoroute à Bex puis en traversant Plans-sur-Bex pour rallier la buvette d’alpage de Javerne. «Pour moi, c’est le plus bel itinéraire pour monter à la Tourche, estime la gardienne. Il faut compter deux heures et on peut redescendre par le vallon, ce qui permet de faire une jolie boucle.»

En grimpant, et quel que soit le parcours choisi, c’est un paysage sublime qui se dévoile avec en arrière-plan le Léman, comme si on l’admirait depuis un balcon en surplombant la vallée du Rhône qui se trouve à nos pieds. Le tout entouré de vaches ou d’un troupeau de moutons.

Reconstruction

Arrivé à la Tourche, on se rend rapidement compte de la modernité de la cabane. Il faut dire que cette dernière a été totalement reconstruite en 2010. La première bâtisse, réalisée juste après la Première Guerre, accueillait dans un premier temps des troupes accomplissant leurs obligations militaires. Mais le groupe Saint-Maurice du Club alpin suisse, propriétaire des lieux depuis 2001, s’était rendu à l’évidence: la cabane se devait d’être réhabilitée pour répondre aux attentes des randonneurs et correspondre au standard actuel des refuges de montagne.
Depuis l’inauguration en 2011, un visage en est indissociable, celui de Karine Moix. «C’est ma 8e saison, précise-t-elle. Je suis là depuis que le nouveau bâtiment existe. Auparavant, j’étais gardienne de la Cabane du Vélan.» Et son histoire n’est de loin pas commune: «Je passe ma vie entre la Tourche et le Népal. Je sais donc pourquoi je fais mes röstis, c’est pour ensuite pouvoir apporter mon aide à la construction d’écoles dans ce pays.» La gardienne s’emploie pour faire vivre son chalet de montagne: «Le 31 juillet, nous organisons une soirée spéciale à l’occasion de la Fête nationale, avec feu de joie, grillades et vin chaud. C’est un lieu idéal pour admirer les feux d’artifice en plaine.»

Mais ce qui marche le plus, ce sont les menus «chasse» proposés dès la mi-septembre et jusqu’à la fermeture de la cabane un mois plus tard. «C’est ce qui a fait ma popularité», sourit Karine Moix. Mais pour en profiter, la réservation trois jours à l’avance au minimum est obligatoire! Idem pour dormir dans l’un des neuf dortoirs (capacité totale de 55 places) en demi-pension.
Et pour ceux qui ne seraient que de passage, une petite restauration est offerte à midi (soupe, röstis, fondue ou encore salade, le tout fait maison) avec une superbe vue sur le Mont-Blanc, la Cime de l’Est, les Dents de Morcles ou le Léman.

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